Let’s Speak French!
with Dr. Natalie Amgott
Episode #17: French Reading Made Easy - Intermediate Tips with Frédéric Patenaude
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Episode 17 Transcript
Where are my readers at? If you’re anything like me, your To Be Read pile is in a notes app on your phone that’s so many scrolls long your thumb starts to hurt. But my question for you is, have you taken the leap to reading books in French yet? If you have, maybe you feel like it’s slow going or like you get lost in the story because you spend so much time looking up ALL the words.
I get it because I’ve been there! Today we have an extra special episode all about reading in French with our first ever guest on the podcast, Frédéric Patenaude. You may know Frédéric from his French with Frederic website or his Learn Québec French podcast. He’s a polyglot extraordinaire and here to share EXACTLY how to read novels in French at the intermediate and advanced level, and how reading in French can be the secret sauce you need to get you to the next level in French.
Before we dive into this conversation, I want to make sure you can follow along with the transcript! One of Frédéric’s best tips that you’ll hear is to read and listen at the same time. So to get started tout de suite, you can listen to the episode and read along with the transcript here. That’s also where you can access the Amazon list for all the books that Frédéric mentions in the episode (just scroll up!).
Commençons avec un peu de vocabulaire de notre conversation avant d’écouter la conversation.
1. Décortiquer: analyser à fond un texte
2. Un polar : un roman policier
3. À tort : wrongly, mistakenly
4. En version numérique : que ça se trouve en ligne. Digital
5. Fignoler : perfectionner, modifier jusqu’à ce soit parfait
D’accord, c’est parti pour la conversation avec Frédéric!
Natalie: Bon, donc on va parler un peu aujourd'hui des stratégies de lecture. Frédéric Est-ce: que tu pourrais te présenter un peu pour notre audience ?
Frédéric: Oui, bien sûr, je m'appelle Frédéric Patenaude et je m'occupe une communauté d'un site qui s'appelle French with Frederic.
Et donc l'idée, c'est, j'enseigne le français, mais pas à un niveau débutant débutant. C'est plus un niveau intermédiaire. Et j'essaie d'aider mes étudiants qui s'intéressent au français, mais aussi à la culture québécoise, à s'intégrer au Québec, parce que j'ai beaucoup de nouveaux arrivants, et de Canadiens anglais qui travaillent avec des Québécois, et d'américains et d'autres nationalités qui interagissent avec des Québécois ou même qui ont comme projet ou comme idée d'aller vivre au Québec.
Donc je les aide à comprendre le français, à améliorer leur français, passer à un niveau avancé, et aussi je fais ça à travers des contenus et des cours et l'enseignement aussi de la culture, donc ce n'est pas juste comme de la grammaire.
C'est, surtout on apprend, mais on apprend à travers la culture et on essaie de comprendre ce qui se passe un peu au Québec.
Natalie Amgott: Oui, c'est vraiment spécial parce que c'est la seule fois où j'ai vu ça - contextualiser une école de langue qui situe tout dans la culture et les médias québécois.
Fréderic: Ben oui, en effet, c'est parce que j'essayais un peu de créer quelque chose que moi j'aurais aimé avoir, en tant qu’étudiants ou apprenant. Et donc je suis allé avec mes intérêts. Donc c'est vraiment un peu le reflet de la façon dont moi j'aime apprendre.
Et je sais que de toute façon il y a plein de ressources pour apprendre les langues maintenant et que j’avais pas forcément besoin de me concentrer sur des choses que d'autres faisaient mieux que moi.
Par exemple, il y a plein, on peut apprendre la grammaire facilement. On peut pratiquer ses verbes, donc il y a des choses qu'on peut faire.
Mais ce qui manque un peu, c'est justement une communauté qui nous donne aussi la motivation de continuer. Je pense que c'est ça. On peut prendre des cours particuliers. On peut prendre toutes sortes de cours, mais d'avoir quelque chose qu'un abonnement, comme est bon pour l'année, puis ça te donne la motivation de continuer.
Il y a de mes élèves qui participent vraiment régulièrement, il y en a d'autres qui viennent de temps en temps. Mais au moins, ça les aide à garder la motivation.
Natalie Amgott: Oui, oui, c'est vraiment une bonne idée comme ça, surtout parce que si on est parent ou étudiant à l'université au deuxième, troisième cycle, on a des moments dans la vie où ça devient vraiment chargé, mais le fait d'avoir un abonnement comme ça, les élèves peuvent y entrer quand ils ont le temps.
Frédéric: Exactement oui, c'est ça l'idée, c'est un peu comme être abonné à un gym, un centre d'entraînement. Ben, on y va pas tous les jours, il y en a qui y vont tous les jours, et c’est ces personnes-là qui l'utilisent le plus, qui en bénéficient le plus dans un sens qui en ont plus pour leur argent. Mais on peut très bien en profiter en allant au gym une fois par semaine, donc c'est pas… tout est possible et c'est un peu cette idée là, ben essayer d'encourager mes élèves à continuer à s'intéresser à la culture, puis surtout pas abandonner.
Natalie Amgott: Oui, oui, et je crois que ce fait-là de pas abandonner. C'est vraiment la partie la plus difficile, parfois au niveau intermédiaire et avancé de ne pas abandonner ses études. Et donc je pensais: Aujourd'hui, je sais que toi, tu aimes ça lire et je pensais que ça pourrait être un thème intéressant de discuter des stratégies de lecture pour nous aider à apprendre du vocabulaire, de la culture et tout ça, tous les éléments qu'il nous faut pour bien parler français et bien utiliser le français Donc je voulais commencer avec ça au niveau intermédiaire parce que c'est un peu le bon moment de commencer à lire si on n'a pas encore commencé, et je sais que tu parles souvent de cette importance de la lecture pour mieux apprendre. Est-ce que tu pourrais partager avec nous quelques stratégies de lecture?
Frédéric: Oui, bien entendu, oui, bien j'ai pensé à ça. En fait, ça dépend des gens, c'est vraiment… donc quand on parle de lecture des fois, il y a des gens qui vont me dire oui, je lis les journaux. où je lis, même, quand j'ai parlé de ça, il y a des gens qui m'ont dit je lis Reddit en français.
Ok, c'est sûr que ça compte comme de la lecture. Mais moi, quand je dis qu'il faut lire en français je pense plus à lire une œuvre, donc un livre d'au moins 100 pages, si c’est pas 150, 200 pages.
Pourquoi? Ben parce qu'il y a un peu plus de substance. Donc 200 pages qu'on lit sur un seul sujet, que ce soit un sujet, par exemple un essai, ça peut être un récit de voyage ou même ça peut être n'importe quoi, mais souvent ça va être des romans, donc une histoire.
Mais on entre dans l'histoire. Il y a du vocabulaire qui va revenir. On découvre un lieu, des personnages, on s'attache aux personnages, et tout ça. Donc c'est beaucoup plus, à mon avis, il y a beaucoup plus de substances que simplement lire des petits textes rapidement, comme c'est pas la même chose. Donc je pense que dès le début, il faut commencer à lire.
Mais lire des livres là, comme tu dis, c'est plus au niveau intermédiaire qu'on va commencer à faire ça.
Et j'ai pensé que bien premièrement, il faut se poser la question est ce que je suis un lecteur, une lectrice, moi même?
Donc c'est sûr que quelqu'un qui lit jamais de roman ou même d'oeuvres, d'essais comme en anglais on dit nonfiction.Si on lit jamais, ça va être difficile de convaincre ces gens là de lire dans une langue étrangère, parce que c'est sûr que c'est un effort supplémentaire.
Donc peut-être que la première chose, c'est peut-être de devenir un lecteur soi-même, si on ne l'est pas déjà. Donc si votre langue maternelle, c'est l'anglais, ben d'essayer de recommencer à lire. Je pense qu'il y a plein de gens qui ont perdu l'habitude de lire, qui se rappellent une époque où ils lisaient plus. Donc de retrouver le plaisir de la lecture, l'habitude de lecture, ça peut être de le faire, par exemple en anglais.
Mais il faut avoir une bonne base de français quand même pour lire un roman sans que ça soit trop fastidieux, difficile.
Donc on peut commencer. Évidemment quand on est débutant, on va commencer par des méthodes, des cours et là on va lire des extraits, on va décortiquer un peu la langue.
Mais quand on est rendu un petit peu plus avancé, comme tu disais intermédiaire, on peut commencer par des romans assez courts. Et pas nécessairement des livres pour enfants. Souvent, les gens vont penser, à tort, que les livres, les contes pour enfants sont les plus simples à comprendre, mais souvent on a tout un vocabulaire assez compliqué là, quand même
Donc je pense que c'est mieux d'y aller avec des petits romans pas trop longs qui sont accessibles. Et idéalement, c'est des choses qui nous intéressent. Donc, si, par exemple, on aime lire des polars, ça, serait des romans policiers, comme on dit. On peut commencer par ça. Donc y aller avec nos intérêts. S'il y a des gens qui aiment le développement personnel, donc peut-être, au lieu de lire un roman, on pourrait lire un livre comme ça, mais en français.
Et commencer par ça. Et une méthode que j'aime beaucoup, c'est de lire le livre en écoutant la version audio en simultané.
Donc on a le livre audio, on a aussi le livre qu'on peut acheter sur papier ou en version numérique. Et c'est sûr qu'on peut faire un ou l'autre, mais j'ai trouvé il y a quelques années que c'est une bonne idée de faire les deux en même temps.
Et c'est-à-dire qu'on écoute le livre audio et en même temps on est en train de lire le texte.
Pourquoi? Parce que je trouve que ça aide à la concentration parce que c'est des acteurs qui font les voix des personnages, et tout ça. Et il y a une certaine émotion qui est transmise à travers la voix, donc si on perd un peu la concentration, on la retrouve avec la voix qui nous accompagne, et on peut aussi séparer notre lecture, par exemple, commencer à lire et ensuite on va par exemple faire un trajet en voiture et continuer en audio seulement pour ensuite reprendre avec les deux en même temps.
Et ça aide beaucoup à la prononciation, certes des langues, par exemple moins l'espagnol, mais même l'espagnol un peu, mais le français, l'italien, on n'a pas vraiment d'indication ou même l'anglais là , on a moins d'indications sur comment prononcer les mots. Donc en les entendant régulièrement et en les associant avec le mot écrit, on va apprendre la prononciation de ces mots-là plus facilement.
Et finalement, le dernier truc que j'aimerais donner, c'est se donner un maximum de mots qu'on va chercher dans le dictionnaire par page. J'aime bien utiliser une application dictionnaire plutôt que d'aller sur Google ou sur DeepL. J'aime bien utiliser un dictionnaire bilingue, mais version application, parce que ça va plus vite.
Et de cette façon-là je peux choisir de chercher, je pense quand est…on commence à lire, on va chercher peut être quatre cinq mots par page.
Et quand on est un peu plus avancé dans une langue, on peut chercher un maximum de un mot par page, ou peut-être deux de temps en temps, donc ça ça serait mes trucs pour commencer à lire un niveau intermédiaire.
Natalie Amgott: Ce sont vraiment de bonnes stratégies. J'ai surtout apprécié les deux dernières stratégies. Tu as parlé du fait d'écouter et de lire le texte en même temps, et je crois qu'il y a des études linguistiques aussi j'en ai vu et ça nous montre que ça aide, parce que dans le passé, par exemple, quand moi j'étais au collège, au lycée, Il fallait toujours faire des compréhensions orales sans le texte écrit et vice-versa.
Et puis la recherche a commencé à démontrer que ça nous aide vraiment à apprendre le vocabulaire, la prononciation, comme tu disais l'intonation à améliorer notre compréhension orale et nos stratégies de lecture, notre compréhension du vocabulaire, tout ça à la fois, alors Oui, j'ai vraiment apprécié cette astuce. Et puis l'astuce aussi de fixer un maximum de mots qu'on va chercher par page, c'est quelque chose que je conseille aussi.
Et moi, quand je lis en français, je me donne un mot par page maximum. Sauf si c'est un mot…parfois il y a quelque chose de culturel. Par exemple, j'aime beaucoup les livres par Kev Lambert, il y a dans un de ces livres récents, Que Notre Joie Demeure, dont je t’ai parlé
Frédéric: Enfin je l'ai lu, ouais.
Natalie : Ouais, il y avait parfois des contextes culturels ou c'était des acronymes ou quelque chose comme ça, il fallait que je cherche Ok, je comprends le mot, mais c'était quoi déjà? Alors et je crois que ça c'est aussi une très bonne stratégie d'apprendre la culture un peu de la culture, Bon, ça dépend du roman ou de l’essai. Mais si on cherche le contexte de cet acronyme spécifique ou de cet événement qui s'est passé réellement dans l'histoire, ça nous donne le contexte un peu.
Frédéric: Absolument oui, et pour le nombre de mots par page, aussi je pense que ca dépend. Comme quand j'ai commencé à apprendre l'anglais, j'ai appris l'anglais à travers la lecture en lisant des comic books, des bandes dessinées américaines. Et là, je cherchais vraiment presque tous les mots, donc je cherchais un mot sur deux, pratiquement.
Donc dans un roman, ça serait comme lire 10, 15, 20 mots par page. Et je sais que c'est pas recommandé, mais je l'ai fait quand même.
Et quand j'ai lu en espagnol aussi au début, quand je commençais à lire, j'ai commencé trop tôt à essayer de lire un roman. Mais je me suis forcé et j'ai lu des classiques que j’étais pas prêt à lire. Et j'ai cherché quand même beaucoup de mots. J’en cherchais peut être 10 par page. Je sais que c'est trop.
Mais donc c'est possible. Si on est patient, c'est sûr qu'on peut perdre le fil de l'histoire, c'est pas recommandé. Mais des fois, c'est peut-être la seule façon de passer à un niveau intermédiaire si on est à un niveau débutant et qu'on n'a pas le temps de faire tous les cours.
Donc chercher des mots parce que les mots vont revenir, mais c'est sûr que c'est pas conseillé là d'en chercher autant. Mais si quelqu'un est très motivé, a de la patience, on peut quand même faire ça.
Natalie Amgott: Oui oui, je crois que tout à fait. Au niveau A2 par exemple, au niveau débutant avancé on va dire, avant le niveau B1, c'est le fait de lire qui va aider quelqu'un à devenir intermédiaire. Et le fait de chercher tous ces mots, parfois c'est nécessaire, comme tu disais, au début. Et le premier livre ça va probablement toujours être le plus difficile, on va toujours se souvenir de ce premier roman qu'on a lu en français, par exemple. À mon avis.
Frédéric: Oui, et surtout même si on a déjà lu, en français ou dans une autre langue, puis là, ça fait quelques années ou quelques mois qu'on n'a pas lu, le premier roman est plus difficile. Comme récemment, j'ai recommencé à lire en italien, mais ça faisait plusieurs mois que je n'avais pas lu de livres en italien.
Et le premier, je l'ai trouvé les premières pages, je les ai trouvées difficiles.
Mais après tout, ce vocabulaire littéraire a commencé à revenir et donc là, ça a été un peu plus facile.
Natalie Amgott: Oui, aussi au début du livre, on sait pas ce qui se passe, (Frédéric : oui c’est ça) ça nous prend du temps même dans sa langue maternelle de connaître le contexte.
J'avais une autre question liée aux stratégies de lecture et pour choisir son premier roman. Est-ce que tu as des romans spécifiques? Tu nous as déjà parlé d'aligner nos choix avec nos intérêts, mais est-ce que tu as des stratégies? Est-ce que tu as des romans spécifiques que tes élèves intermédiaires aiment bien?
Frédéric: Je pense qu'il y a des romans qui sont vraiment des portes d'entrée dans la lecture du français là, qui sont des classiques, peut être plus français que québécois. Par exemple, l'Étranger d'Albert Camus, c'est un des romans que la plupart de mes élèves ont lu comme premier roman en français ou un des premiers romans. Et c'est vrai que quand on lit, c'est quand même assez accessible pour un livre assez intellectuel.
Et bon, ce n'est pas l'histoire la plus réjouissante qui soit, mais c'est quand même un classique et c'est un classique qu'on peut lire relativement facilement. Donc L'Étranger d'Albert Camus c'en est un. Ensuite, il y a le fameux Petit Prince de Saint Exupéry que j'ai relu plusieurs fois dans ma vie, c'est toujours beau à chaque fois.
ça ça peut être un des premiers livres et je le mets pas dans la catégorie de livres pour enfants. Parce que pour moi, Le Petit Prince, ça s'adresse à tout le monde. Donc c'est un livre qui a été traduit dans toutes les langues et qu'on peut lire à tous les âges, et on va comprendre quelque chose de différent à chaque fois.
J'ai pensé aussi à Candide de Voltaire. Donc souvent je trouve que la littérature du dix-huitième siècle est plus facile que la littérature du dix-neuvième siècle à cause du style. Donc Voltaire, même si ça a été écrit avant, c'est un peu plus facile que, par exemple les classiques ou même Rousseau hein, c'est plus facile à lire que par exemple, Balzac. Là, on reste dans les classiques français mais Candide, c'est un choix de pas mal de monde, parce que c'est un petit conte et souvent on peut acheter une édition qui inclut d'autres contes de Voltaire.
Ensuite, j'ai deux romans québécois: l'Orangeraie de Larry Tremblay qui est un dramaturge. ça veut dire qu'il écrit surtout des pièces de théâtre. Et c'est un petit roman facile à lire, qui fait réfléchir et dont l'histoire se déroule pas au Québec, donc je vous en dis pas plus, mais c'est une histoire très intéressante et c'est une centaine de pages à peu près. J'ai beaucoup d'élèves qui l'ont lu parmi les premiers romans.
Ensuite, il y en a un qui est un roman québécois assez récent, bien, très récent même, mais pour la littérature contemporaine, ça fait déjà quelques années que c'est un un best seller québécois, c'est Le poids de la neige de Christian Guay-Poliquin.
Et c'est un livre intéressant. Il n'y a pas trop de références culturelles parce que c'est dans un monde un peu post-apocalyptique, mais sans violence. Là, c'est vraiment comme un roman d'hiver.
C'est, on pourrait l'imaginer comme une pièce de théâtre un huis clos, tout se passe à peu près dans la même pièce
Et donc je vous en dis pas plus, mais c'est un bon petit roman à lire, pas facile, facile, mais pas très difficile, non plus.
Des fois, souvent, ce que je conseille, c'est de lire des romans qui ont des histoires simples à suivre avec peu de personnages. Donc, même s'il y a du vocabulaire difficile, au moins l'histoire est pas trop compliquée, mais quand on a une histoire vraiment compliquée, par exemple, les classiques français du dix-neuvième siècle de Victor Hugo, Notre Dame de Paris, Les Misérables, tsé, ça serait trop difficile parce qu'il y a tellement de personnages qu'on va finir par se perdre.
Donc ça, ça serait mes choix comme premier livre.
Natalie Amgott: Vraiment de bonnes recommandations et j'ai envie maintenant de lire ces deux romans québécois que tu as recommandés. Je n'ai pas encore lus, mais les autres, j'avoue que c'était dans mes premières lectures, Candide…
Frédéric: C'est ça, Ouais.
Natalie Amgott: Et tout ça, oui, Camus et le Petit Prince, bien sûr, c'est aux Etats Unis, je crois pas seulement aux Etats Unis, mais aux Etats Unis, je crois que c'est comme ça que ça se fait si on apprend au lycée, par exemple, on commence avec ses trois livres.
Frédéric: Ah j'en ai oublié un aussi, c'est Harry Potter, mais en anglais. Donc plein de monde le lisent comme premier livre. Moi, je l'ai lu comme premier livre en allemand, par exemple, et pourquoi? Parce qu'on l'a souvent, on l'a déjà lu en anglais ou dans notre langue maternelle, ou au moins on a vu les films.
Donc on connaît un peu l'histoire et c'est des livres qui sont conçus pour être lus à différentes périodes de la vie. Donc 12 ans, 13 ans, 14 ans, 15 ans. Donc ils deviennent de plus en plus difficiles si on avance dans la série, mais le premier livre est quand même assez accessible.
Et donc ça, je le recommande et même si c'est une traduction, on peut aussi lire des traductions.
Natalie Amgott: Oui, Oui un bon conseil et je crois que c'est ça, c'est là où si on lit quelque chose qu'on a déjà lu parfois ça nous motive. Si on est pas vraiment lecteur ou lectrices, mais on l'était dans le passé, c'était peut-être quand on lisait, si on a mon âge.
Frédéric: Exactement. Oui, c'est ça, oui.
Natalie Amgott: À ce point-là on lisait des Harry Potters, oui, j'aime ça, maintenant. J'aimerais qu'on parle un peu plus du français québécois. Je sais que tu nous as donné deux recommandations de textes québécois.
Mais oui, étant donné que tu es Québécois, que tu mets l'accent sur le français québécois dans tes leçons, et je sais aussi que la majorité de nos auditeurs habitent au Canada, aux États-Unis et il y en a pas mal qui s'intéressent surtout au français québécois, et comment est-ce qu'on peut apprendre le français québécois à travers la littérature versus un podcast par exemple ou un cours de français?
Frédéric: Mais je pense que c'est une belle façon de le faire parce que ça va être un peu plus facile pour les apprenants. Par exemple, si on écoute des podcasts, il y a des expressions qui vont passer tellement vite et des références culturelles qu'on va les manquer tout simplement. Donc des fois, on a l'impression de comprendre quand on écoute un podcast ou quand on regarde une émission. Mais si on s'attarde à chaque mot qui est dit, finalement, on se rend compte qu'on a manqué plein de choses
Au moins l'avantage d'un roman, c'est que tout est écrit donc on peut revenir en arrière, on peut se demander est ce qu'on comprend vraiment et tout ça. Et ce que j'aime le français québécois dans les romans, c'est que en général, les écrivains ne vont pas transcrire tels quels les dialogues dans les romans, exactement exactement comme c'est dit dans tous les aspects de la prononciation. Donc pour simplifier, alléger la lecture, ils vont choisir des mots, des expressions typiques, ils vont intégrer ça dans un dialogue.
Donc c’est pas tout à fait exactement comme les gens parlent dans la rue, mais vous allez retrouver plein d'expressions. Donc ça va pas être trop déroutant… si c'était une transcription parfaite, exactement comme les gens parlent, ça serait un peu difficile à lire honnêtement, donc ça dépend des auteurs, il y en a qui vont juste saupoudrer leur dialogue de mots québécois. Il y en a qui vont aller un peu plus loin, mais c'est une belle façon d'apprendre ces expressions-là. On peut les chercher, Ensuite, on va pas les trouver dans un dictionnaire normal, mais on peut les chercher sur Internet ou simplement dans le contexte, on va finir par les comprendre.
Donc oui, absolument, je dirais que c'est une bonne façon de faire ça, qui est plus accessible que juste attendre qu'on comprenne donc au moins on les voit oui.
Natalie Amgott: Oui, ça nous donne le temps de le faire à nos pas, à notre rythme. Oui.
Frédéric: Et surtout dans la littérature plus contemporaine. Il y a quand même, c'est le langage québécois moderne, donc on peut le comparer. Si on lit des classiques québécois des années 50. Comme Bonheur d'occasion de Gabriel Roy, on va remarquer que la langue québécoise est pas exactement la même que dans les romans québécois plus modernes qui représentent un peu plus le langage parlé d'aujourd'hui.
Et il y a vraiment une scène foisonnante de littérature au Québec, donc même je pense qu'il y a même trop de publications, on peut jamais passer au travers de.
Donc au moins on a vraiment le choix, on peut vraiment trouver quelque chose qu'on va aimer et c'est devenu assez populaire d'intégrer la langue québécoise pas juste dans les dialogues, mais même parfois dans la prose.
Donc c'est une bonne façon d'apprendre, parce qu'il y a plein de choix et on va retrouver ce langage québécois là là-dedans.
Natalie Amgott: Oui, j'apprécie que maintenant les écrivains, ils font ça parce que je sais que dans le passé, c'était pas toujours le cas que les écrivains québécois écrivaient parfois avec un français qu'on dirait plus standard. J'ai vu, par exemple un entretien avec Kev Lambert, qui a été entrevué par Je me souviens pas, c'était quoi, son rôle, mais quelqu'un en France qui disait: Merci d'avoir écrit ça dans la langue québécoise. Il a dit: C'est ma langue, et ça a lieu à Montréal. Pourquoi est-ce que je vais pas l'écrire avec cette voix-là?
Et donc je crois que c'est vraiment un mouvement dans la littérature qui est intéressant maintenant, qui est bon pour les apprenants qui veulent savoir comment on parle, comment qu'on écrit qui est…
Frédéric: Exactement, mais je sais que certains de ses romans ont un peu été adaptés en France, il y a une petite réécriture, mais qui n'est pas majeure, juste pour faciliter un peu la lecture, mais ça va pas être le cas pour les auteurs moins connus. Donc là, on va avoir directement accès ou si on achète les livres de Kev Lambert, au Québec. Évidemment, ça va être dans la version originale québécoise.
Natalie Amgott: Oui oui, et pour nos auditeurs qui écoutent aux Etats-unis, je sais que ça peut être vraiment difficile pour nous de trouver des livres du français québécois aux États-Unis. Je conseille Thriftbooks, c'est un site Web où on peut en trouver pas mal, parce que parfois, c’est même pas disponible sur Amazon ou ça coûte 50 $ pour un roman.
Frédéric: Mais il y a Renaud Bray, qui est une grande librairie, une chaîne de librairies au Québec et je sais qu'ils expédient aux États-Unis. Il y a un minimum là, il y a avant, c'était gratuit, là, je pense qu'il y a un petit frais Genre 10, 15 $ Mais si on fait une bonne commande, mettons quatre cinq livres en même temps, bien c'est quand même assez avantageux.
Natalie Amgott: Oui, oui, tout à fait d'accord, et c'est chaque fois que je vais à Montréal, j'y vais. Pour acheter toute la liste de livres que j’ai eu depuis ma dernière visite. Donc c'est ça
Frédéric: La liste d'épiceries. Ouais, je comprends.
Natalie Amgott: Oui, oui, c'est ça! Bon, et finalement, quand j'ai préparé cette entrevue, je mettais ton nom sur Google et j'ai vu que t'étais aussi écrivain publié, alors ça m'intéresse personnellement et je sais que mes auditeurs s'y intéressent aussi, alors j'aimerais bien savoir comment, quelles compétences issues de ces métiers d'écrire, parce qu'on a pas mal d'auditeurs aujourd'hui qui sont rédacteurs, écrivains ou chercheurs, quelles compétences issues de ces métiers est-ce qu'on peut appliquer à la lecture dans une langue seconde?
Frédéric: C'est sûr qu'en général, si on écrit, ça veut dire qu'on lit, donc ça va nous aider à…Bien entendu, on aura une longueur d'avance parce qu'on lit plus tout simplement, mais autrement je sais pas trop. J’ai aussi écrit des choses que je n'ai pas publiées, donc j'ai écrit un roman que j'ai jamais publié, c'était comme un peu un essai, comme de je veux dire, J'ai essayé pour la première fois d'écrire un roman et je me suis rendu compte à travers cette expérience, parce que je l'ai quand même terminé, je l'ai fait lire à quelques personnes, mais j'ai décidé de pas le publier. Et j'ai appris beaucoup de choses sur l'écriture, donc les difficultés d'écriture, donc ça me fait apprécier beaucoup plus quand je lis un roman qui est vraiment bien ficelé, fignolé et réalisé, donc je me rends compte à quel point c'est, c'est difficile de faire ça de réussir ça. Donc je pense que si on écrit, on peut plus apprécier ce qu'on lit, et on peut aussi découvrir des choses dans la littérature étrangère, voir ce qui est différent de ce qui se fait dans notre propre littérature.
Natalie Amgott: Oui et le style aussi peut-être, ça nous donne, on est plus observateur du style.
Frédéric: Absolument Oui, Oui. J'avais aussi certaines recommandations de roman québécois, je sais pas si.
Natalie Amgott: Oui, j'aimerais bien que tu partages ça, oui on a le temps, oui!
Frédéric: C'est ça t'intéresse, Ok, ça.
Natalie Amgott: Et bien sûr.
Frédéric: Parce qu'on a parlé de premiers livres à lire en français, mais spécifiquement pour des romans québécois, j'ai quelques suggestions.
Il y a un auteur qui a malheureusement écrit seulement deux romans, mais que dans le début des années 2000 mais que j'ai bien aimé, et c'est aussi une personne qui est connue comme étant le fils de Gilles Vigneault; son nom c'est Guillaume Vigneault.
Gilles Vigneault c'est un chanteur, compositeur québécois très très connu qui est rendu à un âge très avancé maintenant, mais son fils a écrit pour la télévision. Dans le début des années 2.000, il a publié deux romans un après l'autre et c'est des beaux petits romans québécois que j'aime beaucoup et que je recommande comme premier roman québécois à lire. Les dialogues sont pas trop québécois, mais l'histoire l'est un peu, donc il y en a deux qu'on peut lire dans l'ordre Carnet de naufrage et Chercher le vent.
Et ils vont un peu ensemble. On peut les lire séparément, mais si on les lit dans cet ordre là, c'est l'idéal.
Ensuite, Le plongeur de Stéphane Larue, dont on a fait récemment la version cinématographique, donc c'est un bon petit roman petit, celui-là, il est beaucoup plus long 400, 500 pages, mais c'est un bon roman québécois très représentatif de la langue parlée d'aujourd'hui, et quand même une histoire simple et attachante.
Là où je me taire de Caroline Dawson, qui est malheureusement décédée l'année dernière, je crois et prof de littérature originaire du Chili. Donc ça, c'est un roman qui va vraiment attirer les lecteurs, par exemple d'Amérique Latine ou qui ont une expérience d'immigration au Québec parce qu'ils vont se retrouver à travers l'histoire de Caroline Dawson, qui raconte son parcours de jeune immigrante au Québec et de son adoption de la culture québécoise. Donc, c'est très intéressant pour apprendre la culture québécoise à travers les yeux d'une personne qui est arrivée ici quand même très jeune, mais dont la famille est immigrante.
Ensuite, La terre maternelle d'Anne-marie Turcotte, qui est une des professeurs qui enseigne, la seule profession pour l'instant qui enseigne avec moi sur French With Frederic. Donc ça aussi, c'est un beau roman québécois pour en apprendre plus sur les traditions orales québécoises, c'est à dire les contes racontés et transmis de génération en génération.
J'en ai aussi deux un peu plus avancés, La nuit des princes charmants de Michel Tremblay, qui est, à mon avis, le livre le plus accessible de Michel Tremblay. Il faut absolument lire Michel Tremblay à un moment donné, et finalement un peu plus difficile Bonheur d'occasion de Gabrielle Roy dont on a parlé un petit peu.
Natalie Amgott: D'accord, Merci beaucoup, donc j'espère que tout le monde a leur liste d'épicerie prête pour leurs commandes de Reno Bray ou pour aller à la bibliothèque et chercher tous ces livres. Et tu nous as donné plein de recommandations, et je crois que chaque auditeur va pouvoir trouver son niveau, un bon livre pour son niveau avec toutes les recommandations que tu nous as données.
Frédéric: Ça me fait plaisir.
Natalie Amgott: Donc merci beaucoup d'être venu. Est-ce que tu avais d'autres astuces ou d'autres contenus que tu voulais partager avec nos auditeurs aujourd'hui concernant French with Frederic? Par exemple, si on s'y intéresse qu'est-ce qu'on peut faire pour continuer d'étudier avec toi?
Frédéric: Ben, vous pouvez vous abonner pour recevoir gratuitement mon info lettre et si jamais ça vous intéresse de participer, vous allez voir comment le faire sur le site. Mais abonnez-vous à l'info lettre et vous verrez si vous aimez ça.
Natalie Amgott: D'accord, Merci beaucoup Frédéric et à la prochaine.
Frédéric: Merci Nathalie, à la prochaine.
Weren’t those just the BEST tips from Frédéric? I was noting down all his strategies and book recommendations and can’t wait to try out the tip to listen and read at the same time. Which book are you hoping to read first? For me, I want to check out the books by Gilles Vigneault’s son to start!
If you’re ready to dive in to Frederic’s book recommendations, head to elevatefrench.com/episode17 and you can access the Amazon list of all the books mentioned, by level! And make sure to be the loop about all of Frederic’s tips at frenchwithfrederic.com.
I’d love to hear how you liked this first guest episode of many more to come! If you learned something, could you leave a rating and review? It really helps me to find more French learners like you.
As always, it’s an honor to be your French teacher. Bonne continuation et à la prochaine!